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Restauration des déchirures et
des lacunes

Réparations au papier japonais:

Le papier japonais, ou washi, est l’une des matières principales utilisées en conservation et restauration de documents et livres anciens. Parmi ses variétés, le kozo se distingue particulièrement par sa résistance exceptionnelle et sa souplesse, idéal pour les travaux de restauration.

Origines du washi

Le papier japonais arrive au Japon au 7ᵉ siècle via la Corée et la Chine, favorisé par le bouddhisme qui nécessite de grands supports pour les textes sacrés. Les cours impériales développent alors une production massive, avec des plantations dédiées de plantes fibreuses comme le kozo et le chanvre.

Les trois fibres principales

Le washi est fabriqué à partir de l’écorce de trois arbustes traditionnels :

  1. Kozo : Fibres très longues (jusqu’à 3-4 mm), souples et résistantes à la tension ; papier mince mais solide, légèrement texturé. Pour la restauration de documents, reliures, réparation de déchirures (fibre longue s’entrelace parfaitement).

  2. Gampi : Fibres fines et serrées, surface brillante et translucide. Pour l'impression fine et la calligraphie.

  3. Mitsumata : Fibres courtes, papier satiné et lisse. Pour l'écriture et les emballages rituels.

Pourquoi le kozo en restauration ?

Le kozo est privilégié en conservation de papiers et livres pour ses avantages uniques :

  • Résistance mécanique : Même fin, il supporte traction et flexion sans se déchirer, parfait pour consolider des documents fragiles.

  • Souplesse et élasticité : Il s’adapte aux mouvements des livres anciens sans craqueler, contrairement aux papiers occidentaux rigides.

  • Longévité : Fibres naturelles pures, sans acides ajoutés, garantissent une stabilité sur des siècles ; idéal pour des interventions durables et réversibles.

  • Transparence contrôlée : Légèrement translucide, il se fond discrètement lors des reprises (recollages, doublages).​

En pratique, ses fibres longues permettent une intégration parfaite lors de la réparation, comme dans la restauration de parchemins ou de pages endommagées.

Fabrication du kozo

  • Récolte : Branches coupées en hiver dans les régions humides du Japon ; écorce interne bouillie et battue pour libérer les longues fibres.

  • Pâte : Mélangée à de l’eau et un mucilage végétal pour une suspension homogène.

  • Feuille : Formée sur cadre en bambou par agitation croisée, pressée et séchée à l’air libre pour une texture naturelle.

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Illustration des étapes de fabrication du papier japonais
Image libre de droit, Source internet

Restauration des déchirures et des lacunes

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Une fois le document à restaurer nettoyé, donc dépoussiéré et gommé, on peut intervenir avec des éléments extérieurs sur l’œuvre si cela est nécessaire. En effet, la surface du support étant propre, un apport d'humidité par le biais de colle ne risque pas de tacher ni de détériorer le document.

Les renforts se font au papier japonais car ce papier est neutre et possède de longues fibres; ces longues fibres permettent une restauration résistante sur les déchirures. 

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Grammage selon usage :

3 g/m² : Doublages légers sur surfaces picturales/écrites très endommagées (renfort minimal)

6 g/m² : Doublages en plein, renforts de plis

9 g/m² : Réparations de déchirures, plis très affaiblis, doublages

17 g/m² : Onglets, comblements de lacunes (documents fins), doublages

23 g/m² : Onglets, comblements, renforts

30-40 g/m² : Comblements de lacunes (choisi selon couleur, épaisseur et texture proches du document original)

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Choix du papier : Il dépend de l’état de dégradation, du grammage, de la couleur et des informations portées par le document original.

Le papier de restauration utilisé dépendra donc de l'état de dégradation du document, de l'épaisseur (densité, grammage)du papier du document, de sa couleur et des informations qu'il porte.

Le comblement de lacune

Il est nécessaire quand :

  • Le manque de matière endommage l’intégrité du document ou son identité visuelle.

  • Le manque de matière risque d’entraîner une dégradation physique ou mécanique : par exemple, un manque non comblé peut faire s’agrandir certaines déchirures ou créer des tensions dans le papier.

  • Le client le souhaite : ses exigences guident le restaurateur, notamment pour la couleur du comblement (lacune laissée pure ou retouchée pour fondre le papier de restauration dans l’ensemble).

Restauration des déchirures sur les pages d'un ancien herbier
© Carole Jeanneret (Travail réalisé en 2025)

Le renfort des déchirures et des lacunes, comment cela se passe t'il ?

Pour restaurer une déchirure, il est important de s’assurer que l’œuvre est parfaitement nettoyée avant de glisser un morceau de papier buvard ainsi qu’un non-tissé sous la zone à consolider. Ensuite, un papier japonais est choisi en fonction de son grammage, de sa robustesse et de l’objectif de la restauration. Ce dernier n’est jamais coupé, mais toujours déchiré afin de conserver les fibres, ce qui permet d’assurer une consolidation efficace et quasi invisible.

Un morceau de papier japonais est donc déchiré sur une longueur équivalente à celle de la déchirure, avec un dépassement d’environ 5 mm, et sur une largeur d’environ 1 cm. Une colle Zin Shofu ou de la Tylose est ensuite appliquée sur le papier de renfort, qui est alors posé sur la déchirure.

Enfin, afin d’éviter les tensions et les auréoles lors du séchage, un nouveau non-tissé et un nouveau morceau de buvard sont placés sur le renfort. Une pression est ensuite exercée à l’aide d’un poids.

Restauration des déchirures sur un dessin d'artiste
© Carole Jeanneret (Travail réalisé en 2026)
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Colle d'amidon de blé

Elle est la colle végétale la plus utilisée en conservation/restauration car c'est la plus réversible (à l'eau) et la moins agressive pour le papier; combinée avec des fongicides, elle n'attire pas les micro-organismes et possède ainsi de bonnes caractéristiques de conservation. On l'utilise surtout pour les réparations du papier, comblement de lacunes, réparation de déchirures, doublage... Elle ne colore pas l’œuvre et permet donc une restauration neutre aussi bien chimiquement, mécaniquement que physiquement. 

La colle d'amidon de blé est vendue en poudre et elle se prépare à la casserole, au saucier ou au micro-onde mélangée avec de l'eau déminéralisée.

 

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Colle Tylose MH 300 P: colle de Méthylcellulose

Cette colle cellulosique est neutre et réversible et présente des qualités mécaniques intéressantes; en effet, elle est particulièrement "élastiques" et résiste donc mieux mécaniquement que la colle d'amidon.

Elle s'utilise pour de multiple taches: décollage (en cataplasme, elle permet de réactiver les collants d'origine et ainsi de décoller des éléments papier), nettoyage (toujours en cataplasme, elle permet de soulever les impuretés  incrustées dans le papier), collage (notamment pour les doublages, elle est utilisée pour son élasticité; elle sèche moins vite que la colle d'amidon ce qui est un facteur de choix pour le restaurateur quelquefois mais son pouvoir collant est plus faible que la colle d'amidon).

Elle est vendu en poudre et elle se prépare en solution dans l'eau jusqu'à former un gel plus ou moins visqueux.

Les colles utilisées

Colle Zin Shofu
Image de © Promuseum  
Colle Tylose MH 300
Image de © GMW Shop

Les matières et outils:

  • Non-tissés

  • Buvards

  • Mylar

  • Calques

  • Plioir en téflon

  • Pinces

  • Pinceau à eau

Fournisseurs:

 

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