
Les matières de couvrure
Le livre et ses matières composites
Le livre, un objet culturel essentiel
Il se présente comme un assemblage de feuilles manuscrites ou imprimées, reliées ou brochées afin de former un volume durable destiné à la lecture. Il constitue le support matériel d’une œuvre, qu’il s’agisse d’un récit, d’un savoir, d’une réflexion ou d’une création poétique. Selon sa nature et son usage, le livre peut prendre différentes formes : ouvrage rare, livre de poche accessible à tous, ou encore livre d’images destiné à un public spécifique. On peut également le désigner par divers synonymes tels que ouvrage, volume, bouquin ou écrit.
Sur le plan matériel, le livre possède une structure bien définie. Il est composé de pages, réalisées en parchemin ou en papier, organisées en cahiers puis assemblées. Ces cahiers sont ensuite protégés par une couverture qui assure à la fois la cohésion et la conservation de l’ensemble. Cette construction, fruit de techniques artisanales ou industrielles, garantit la durabilité de l’objet et facilite sa manipulation.
Il existe une grande diversité de livres, correspondant à des contenus et des usages variés. Parmi les principaux types, on trouve les romans, qui relèvent de la fiction, les essais, qui développent des idées ou des analyses, les bandes dessinées, qui associent texte et image, les beaux livres, souvent richement illustrés, ainsi que les livres scolaires destinés à l’apprentissage.
Enfin, le livre remplit une fonction essentielle dans la transmission des connaissances et des émotions. Il permet de diffuser des idées, de raconter des histoires, de préserver des savoirs et de stimuler l’imaginaire. Qu’il soit utilisé à des fins éducatives ou récréatives, il demeure un outil fondamental de la culture et de la communication humaine.
Le vocabulaire du livre
Dans le métier du livre, il existe un vocabulaire spécifique pour les parties composantes des reliures. Le schéma ci-dessous vous en présente les termes.

Lexique du livre ancien
Photographie libre de droit, Internet
L'évolution des matériaux composites
Au IVe siècle, les manuscrits en parchemin sont protégés entre deux ais de bois — chêne, hêtre ou sapin — assurant rigidité et durabilité. Ces ais de bois sont recouverts de cuir, le plus souvent de veau, de chèvre ou parfois de truie, fixé par collage et rabattement. Les cahiers sont cousus sur des supports, tels que des nerfs de cuir ou de corde, eux-mêmes ancrés dans les ais, garantissant une structure solide adaptée aux ouvrages de grand format utilisés dans les contextes monastiques et liturgiques.
Au cours du Moyen Âge, cette structure reste majoritaire, bien que les techniques de couture et d’assemblage se diversifient selon les régions et les usages. L’ensemble bois-cuir forme une reliure robuste, mais relativement lourde, adaptée à des livres destinés à être consultés sur place.
À la fin du XVe siècle, avec le développement de l’imprimerie, les besoins de production évoluent. Les ais de bois sont progressivement remplacés par du carton, obtenu par superposition et collage de feuilles de papier recyclé (maculature). Ce matériau composite, plus léger et plus rapide à produire, permet d’accélérer la fabrication tout en conservant une résistance suffisante pour un usage courant. Dès 1480–1500, son utilisation se diffuse largement.
Au XVIe siècle, le carton s’impose comme support principal pour la majorité des reliures. Les ais de bois subsistent néanmoins pour certaines productions de prestige jusqu’au XVIIIe siècle. Le cuir reste le matériau de couvrure dominant, appliqué sur ces nouveaux supports plus légers.
Au début du XIXe siècle, l’industrialisation introduit de nouveaux matériaux et procédés. La percaline, une toile de coton apprêtée et collée sur carton, se développe comme alternative au cuir. Ce matériau composite, associant textile et support cartonné, permet une production en série plus économique tout en offrant une résistance adaptée à une large diffusion des ouvrages.
